Ces cannes enrubannées symbolisaient l’espoir du retour d’un enfant parti accomplir ses obligations militaires. Ces objets d’art populaire témoignent d’une tradition observée essentiellement vers la fin du 19e siècle.

Le conscrit est un jeune homme appelé sous les drapeaux du pays.
La tradition veut que le jeune militaire achète, avant son départ, une canne en verre soufflé, qu’il offre à sa famille. Elle mesure environ un mètre de longueur et est bien souvent décorée des couleurs du drapeau.

Modèle à pommeau en verre soufflé.
Les cannes de conscrit présentent traditionnellement
ce décor torsadé tricolore, en signe de patriotisme.

Ces cannes creuses étaient remplies d’alcool.
L’extrémité est fermée hermétiquement avec un bouchon en cuir, protégé par de la cire, et la canne est conservée dans le foyer parental suspendue au mur.

Objet de tradition et de superstition, la canne célèbre le retour définitif du service militaire.
La joie familiale s’exprime de façon symbolique, en brisant le bout de la canne en verre. L’alcool libéré n’est évidemment pas gâché : c’est l’occasion de trinquer à la vie !

Par Geoffrey Dupont (Ph. GD, DR)
Photo d’ouverture : canne en bois peint, marquée “Classe 1947” sur le pommeau. L. 138 cm.

Les conscrits de Quintenas (07), en 1906.