La M3 de 2e génération (type E36) offre des performances encore améliorées tout en se montrant étonnamment facile en conduite normale. Retour sur un monstre de polyvalence…

 

Depuis les années 1980, les BMW “M”, préparées au département Motorsport, ont acquis une réputation enviable (et légitime) de hautes performances associées à une réelle fiabilité. Toutes n’ont pourtant pas la même aura et la M3 “E36” (1992-1999) apparaît particulièrement emblématique.

 

Elle a dû pourtant assurer la difficile succession de la très prisée M3 “E30”. Toutefois, la rupture l’a emporté sur la continuité. Le 4-cylindres a fait place à un 6-cylindres certes sensiblement plus puissant mais surtout beaucoup plus souple.

 

La “E36”, c’est la M3 avec laquelle on peut aller chercher sa baguette !

 

Et si la M3 “E30” était conçue dès l’origine pour l’homologation en compétition, se distinguant par sa carrosserie bodybuildée et son aileron arrière, la nouvelle M3 se fait beaucoup plus discrète. Trop, pour certains. Mais attention, n’allez pas croire qu’elle s’est embourgeoisée pour autant ! Dans sa version initiale, le six en ligne tout alu à double ACT, 24 soupapes et variateur de phase (VANOS) à l’admission développe 286 ch DIN, soit près de 100 ch au litre, une valeur particulièrement élevée pour un moteur atmosphérique. La M3 atteint 100 km/h en 6 sec. et plafonne à 250 km/h (vitesse limitée). Bref, il y a de quoi se faire plaisir, d’autant plus que la tenue de route est à la hauteur et que cette propulsion est dépourvue de béquilles électroniques.
Si l’on veut la pousser dans ses retranchements, mieux vaudra songer à prendre des leçons de pilotage…

 

Quant au moteur, s’il ne demande qu’à monter dans les tours, accompagné d’une sonorité très suggestive, il accepte aussi volontiers de rouler sur un filet de gaz. Si vous ajoutez à ça qu’il y a de la place pour cinq et un vrai coffre, vous comprendrez que la polyvalence est un des atouts maîtres de la M3 “E36”. Celle-ci va se bonifier avec les années.

 

Déclinée en version cabriolet et berline (une première !) en 1994, elle devient M3 Evolution en 1995. La cylindrée passe à 3,2 litres, la puissance à 321 ch et la boîte est désormais à six vitesses. À partir de l’année suivante, une boîte automatique à 5 rapports et une boîte 6 séquentielle sont aussi disponibles en option. Dans tous les cas, le plaisir est au rendez-vous. Une vraie drogue !

 

 

Rappels techniques

> 6-cylindres en ligne longit. AV, 2 990 à 3 201 cm3, 286 à 321 ch DIN
> Boîte mécanique 5 puis 6 vitesses ou séquentielle SMG 6 vitesses puis boîte automatique 5 rapports s.d. à partir de 1996
> Propulsion avec autobloquant
> Direction assistée
> Long. 4,435 m, larg. 1,71 m, empat. 2,70 m
> Poids 1 460 à 1 560 kg
> 250 km/h (vitesse limitée), 0 à 100 km/h 6 à 5,5 sec.

 

 

 

 

Points forts

> Performances très élevées
> Moteur fabuleux
> Polyvalence d’utilisation
> Fiabilité

 

Points faibles

> Entretien suivi obligatoire
> Ligne banale
> Rare en parfait état
> Attention aux radars !

 

Que surveiller ?

La mécanique est très solide sous réserve d’être entretenue très soigneusement en faisant une vidange tous les 10 000 km (impérativement avec de l’huile Castrol Edge Professionnal TWS) et en en profitant pour nettoyer le filtre du système de distribution variable Vanos. Les coussinets de bielles et la pompe à huile sont souvent à changer avant 150 000 km. Avantage des constructeurs allemands, les pièces sont disponibles chez BMW. La M3 “E36” ayant été produite à 71 212 exemplaires, elle n’est pas rare dans les annonces. Il est donc parfaitement inutile de se précipiter sur la première venue. Prenez votre temps et contactez le BMW Club de France, le BMW M Club de France, le club BMW série 3 (E21/E30) ou encore le club Horizon 2002 pour vous faire de nouveaux amis.

 

Combien ça coûte ?

On peut trouver une belle M3 “E36” à partir de 12 000 € environ, sachant que les berlines et les versions 3.0 sont les moins chères et que les versions Evolution 3.2 sont plus chères. La plus cotée (comptez au moins 20 000 €) est la rare version GT (3 l, 295 ch) à la décoration intérieure (inserts de carbone) et extérieure (aileron) spécifique, produite à 356 exemplaires.

 

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